

Etrange et amusant de terminer les photos de train par ce portrait. Cette dernière photo, c'est la première personne dont je voulais une image, tout simplement parce qu'elle avait évoqué cette idée à une autre personne (alors que d'habitude elle est toujours seule, et je ne l'écoute jamais). Le hasard...
Je profite de ce (dernier) jour (quelque part) pour faire quelques annonces.
Dans les semaines à venir, je vais être très nettement moins disponible. En effet, je pars en promenade dans diverses contrées de Belgique, ainsi qu'une bonne semaine en France. Si je ne viens pas raconter de bêtises chez vous, ce n'est pas que je boude, c'est que je suis en train de passer des bons moments avec des barakis d'on-ne-sait-où, à la recherche d'un inestimable partage. Les mises à jour régulières du site s'en ressentiront fortement, mais je n'abandonne pas - loin de là.
Durant cette période, je vais m'orienter beaucoup plus nettement vers la photographie sociale. Je ne délaisse pas totalement les usines abandonnées et les mines glauques, mais après un sacré paquet d'années très intenses, je ressens le besoin d'une pause. Les activités reprendront calmement à la fin du mois de février. Tout cela est quasiment déjà programmé. Malgré tout, je sais que ce sera moins acharné. Nous sommes quasiment arrivés au bout de ce qu'il reste à voir. La Spaque nous a devancé, mais il fallait s'y attendre, ils n'ont pas les mêmes moyens que nous. A côté, nous sommes dérisoires. Sauf qu’eux sont la destruction, nous la mémoire.
Photographie sociale ? Je réécris un mail envoyé il y a quelques temps, avec quelques légers changements dedans, mais pas grand-chose. Ca explique ma motivation.
Accumulation-Répétition pléonasmatique :
J'ai comme projet de faire des photos des gens défavorisés, en marge, rejetés, différents, en galère, sans emploi, sans place, sans case, sans reconnaissance sociale, d'une part parce que peu de monde le fait, d'autre part parce que c'est leur donner la parole, une dignité, une beauté, une place dans la société. Je m'en fous de la gueule des bourges qu'on voit tous les jours dans les journaux, les politiques, les sportifs, les staracademies, les Michel Drucker et compagnie. C'est toujours le même visage qu'on voit, le même regard dont on ne fait que changer le nom et la couleur des cheveux - tout est faux, il y a un mur entier de maquillage (sur leur visage) qui me sépare de ces gens là. Moi, il me faut des rebelles à mobylette dans un terrain vague, des gitans, des taulards en galère, des clodos, des putes, des saoulards-poivrots-fin-de-bars, des réfugiés, des chômeurs, des handicapés, des squatteurs, des glandeurs, des bien-trop-pauvres... Tout ce que notre société rejette plus ou moins, indirectement ou insidieusement, pas toujours mais souvent. Et moi je me classe où dans tout ça ? Le risque, c'est de sombrer dans le manichéen, le tout blanc ou tout noir. Je ne me classe pas, j'essaie d'être juste, c'est tout... Comme le disait Robert Capa, si tes photos ne sont pas assez bonnes, c'est que tu n'es pas assez près. Je décline-modifie-paraphrase en disant : si tes photos ne sont pas assez bonnes, c'est parce que tu ne connais pas assez les gens.
Alors voilà, je pars apprendre.
Je vais essayer de ne pas être trop largué dans les nouvelles.
A bientôt.











































