mardi
dimanche
vendredi
Anjni Jhahir - Registre de rousseur
Le xöömei est un chant diphonique. Etant donné que c’est un mot d’origine mongole, sa transcription occidentale est très variable. On retrouve khoomei, xuumij, xoomi, choomei, etc. Ca se prononce assez difficilement pour un européen. La première syllabe correspond au J espagnol, ou au X russe. Le öö se prononce à peu près comme ou, mais en plus long. La fin du mot se dit comme le ij néerlandais. Cette tradition de chant est assez répandue dans le monde. On retrouve le diphonique chez les inuits, les xhosas, les evens, les tuva, et aussi en Mongolie. C'est le xöömei mongol que je décris ici.
Le chant diphonique, c’est chanter deux sons en même temps, faire de la polyphonie avec une seule voix. C’est un chant de gorge, une voix grave est produite au fond de la gorge, ce qui a tendance à casser la voix à force d’être produit parce que le chanteur force. Au même moment, dans la partie nasale, des harmoniques aiguës sont produites. Cette superposition de voix trouve son origine dans l’imitation de la nature. Les chanteurs veulent imiter le bruit du vent, de l’eau, le blizzard. Cela sert aussi dans la mise en pratique des rites chamaniques. Le xöömei est très réputé à Tuva, une région de toundra peu habitée au sud du Kuzbass, non loin de Kemerovo. Du fait des variations culturelles et des besoins d’imitation, il existe plusieurs xöömei. Selon les besoins, les chanteurs font vibrer diverses parties de leurs cordes vocales ou parois nasales, ceci produit des sons fondamentalement différents. Le Sygyt est une vibration nasale parfois incroyablement aiguë. Le Kargyraa est plus simple, c’est un chant de gorge accompagné d’une vibration grave, une octave en dessous la voix principale.
Le xöömei comporte le chant harmonique où la voix de gorge est poussée dans ses extrêmes retranchements graves, le chant devient alors animé par des vibrations fortes, qu’un européen qualifierait de voix très rauque. Le xöömei le plus courant est l’overtone. Le chanteur produit un son nasal modulé par des mouvements de bouches pour arrondir, étouffer, décupler la sonorité. En quelque sorte, la bouche est utilisée comme caisse de résonance. Le biphonique ou diphonique consiste donc en superposition de sons, comme dit précédemment. Le maître en la matière est Gambold, que j’ai eu la chance de rencontrer par hasard en 1995. Au vu de la rareté du xöömei ici, je n’ai malheureusement plus son disque, victime des déménagements.
Quelques exemples :
Titre 1 : Démonstration a capella d’un chanteur. Début en harmonique kargyraa (rauque), et alternances de périodes de sygyt (aigu). On remarque très bien qu’il rame (toussotements).
Titre 2 : Chant diphonique démarrant sur une harmonique, continuant sur un sygyt bien maîtrisé. Le chanteur est accompagné de morin khüür, un petit violoncelle à deux cordes, dont l’archet est en crin de cheval. La morin khüür accompagne souvent le xöömei, mais la tradition des steppes voudrait que ce soit avec la guimbarde, appelée chomus.
Titre 3 : Illustration orchestrale de l’utilisation du xöömei hors des steppes. Dans la fin du morceau, je peux vous assurer que c’est un humain qui chante, même si ça ressemble à un sifflement. C’est le sygyt poussé dans son extrême.
Le livret est clos sur ces mots.
dimanche
© Kevin CarlsonCourt-Saint-Etienne, le 7 janvier 2007
Le projet « Voie Onze » n’intéresse personne. Quand je vais voir les gens pour faire leur portrait, je me fais jeter. D’un certain côté, je peux comprendre et je m’y attendais, l’expérience des gens du train ayant été similaire. Je pensais avoir beaucoup d’échec, mais tout de même pas à ce point là (j’ai un ratio approximatif de un sur cent). Malheureusement, je ne peux pas passer une journée entière à la poursuite d’un seul portrait, je n’en ai pas le temps ; c’est sans évoquer la démotivation de se faire laminer sans cesse.
Je mets ce projet de côté. Je ne détruis pas, on ne sait jamais…
Mon énergie créatrice doit sortir quelque part, sinon je pète un plomb. De ce fait, je suis parti sur un projet ultrasecret dont le nom de code est Jhahir, un mot khalka. Je ne dépends de personne, je n’ai aucune contrainte, personne ne sait de quoi il s’agit.
Je vous donne rendez-vous ici dans quelques mois. J’écrirai quelques nouvelles au fur et à mesure de mon avancement sous forme de messages codés qui prendront toute leur signification à l’achèvement.
.
.


